En juillet 2026, l’EUDI Wallet a surtout progressé sur des éléments qui seront peu visibles dans l’application, mais indispensables pour l’utiliser. Un portefeuille doit pouvoir prouver qu’il est officiel, reconnaître les organisations autorisées et échanger des preuves avec d’autres systèmes.
Dans cet article, j’explique trois évolutions à retenir de juillet. La première modifie les règles techniques européennes. La deuxième rend les acteurs de confiance plus faciles à vérifier. La troisième montre comment une attestation d’études peut être échangée entre l’Union européenne et le Japon.
Reconnaître un portefeuille officiel
Le 15 juillet 2026, la Commission a adopté le règlement d’exécution 2026/1731. Le texte a été publié au Journal officiel le 22 juillet. Il modifie quatre règlements techniques de 2024 afin de les aligner sur les nouvelles versions de l’Architecture and Reference Framework, ou ARF (règlement 2026/1731).
Ce texte ne crée pas un nouveau type de portefeuille. Pour une équipe logicielle, il joue plutôt le rôle d’une mise à jour du contrat d’interface. L’architecture commune a évolué, donc les formats, les certificats et les protocoles cités dans les règles juridiques doivent évoluer avec elle.
Le changement le plus visible concerne l’EU Digital Identity Wallet Trust Mark, la marque de confiance du portefeuille. Une application conforme devra afficher cette marque et donner accès aux informations qui permettent de vérifier son état de certification. Si l’attestation de l’application est révoquée, la marque devra disparaître.
Cette marque ne remplace donc pas la certification. Elle permet à l’utilisateur de relier l’application qu’il voit à une information officielle et vérifiable. Un simple logo copié dans une autre application ne suffit pas.
Le règlement ajoute aussi des protections lorsque la photo du titulaire est demandée. Le portefeuille devra avertir qu’il s’agit d’une donnée biométrique et demander une confirmation explicite. Le silence ou une case cochée à l’avance ne pourront pas servir d’accord. Le service devra expliquer l’usage prévu de la photo et limiter sa conservation à ce qui est nécessaire et autorisé.
Le règlement entrera en vigueur le 11 août 2026. Certaines obligations ont un calendrier plus long. La photo ne pourra faire partie des données d’identification obligatoires qu’à partir du 11 août 2028, et les nouvelles vérifications de certains certificats d’enregistrement suivront le même calendrier.
Vérifier les acteurs de confiance
Un portefeuille ne peut pas décider seul à qui faire confiance. Il doit savoir qui a émis une preuve, qui fournit l’application et quel service demande une information.
Le 3 juillet, la Commission a présenté l’extension du rôle du tableau de bord eIDAS. Les États membres y déclarent les informations de confiance exigées par le cadre européen. La Commission peut ensuite les réunir et les publier sous une forme lisible par une personne, mais aussi par un logiciel (présentation du tableau de bord).
On peut voir ce tableau de bord comme un annuaire vérifiable. Il rassemble notamment les fournisseurs de données d’identité, les fournisseurs de portefeuilles, les organismes qui produisent les certificats d’accès des services et les registres qui inscrivent ces services.
Cette distinction est importante. Lorsqu’un hôtel demande une preuve d’âge, le portefeuille doit identifier l’hôtel et vérifier la demande avant de transmettre une information. Les certificats et les registres fournissent les éléments nécessaires à ce contrôle. Le tableau de bord rend les sources de confiance accessibles au niveau européen.
Le tableau de bord publie également une liste destinée à la vérification de l’âge. Des fonctions supplémentaires sont encore en préparation, notamment un catalogue des attributs et des schémas ainsi que des informations sur les fournisseurs d’attestations électroniques.
Cette annonce signifie que l’infrastructure de confiance devient plus concrète. Elle ne signifie pas que toutes les listes sont déjà complètes ni que tous les acteurs présents sont déjà disponibles dans des services destinés au public.
Tester une attestation d’études entre l’Union européenne et le Japon
Le 16 juillet, la Commission a publié le rapport d’un pilote d’interopérabilité entre l’Union européenne et le Japon. Le scénario utilisait des attestations d’études dans un environnement d’essai, comme celles qu’une université peut émettre ou vérifier (rapport sur le pilote UE-Japon).
Un étudiant japonais pouvait recevoir ou présenter une attestation auprès d’un service européen. Un étudiant européen pouvait faire le parcours inverse avec un prototype d’EUDI Wallet et un service japonais. Le test couvrait donc la création de la preuve, son stockage dans le portefeuille, sa présentation et sa vérification.
Ce pilote sépare deux problèmes souvent mélangés. Le format technique joue le rôle d’une langue commune : les systèmes doivent comprendre les mêmes données et les mêmes signatures. La gouvernance décide ensuite qui peut émettre une preuve et quelle autorité est reconnue. Le test a vérifié que des architectures et des règles différentes pouvaient néanmoins fonctionner avec des normes internationales communes.
Le résultat reste un test contrôlé. Il démontre la faisabilité technique d’un échange dans les deux sens. Il ne crée pas une reconnaissance juridique automatique de toutes les attestations européennes au Japon, ni de toutes les attestations japonaises dans l’Union.
Les deux environnements ont eu besoin de quelques ajustements techniques dans le bac à sable pour fonctionner ensemble, sans que le rapport précise ce qui a été modifié.
Limites
Cet article couvre les informations publiées entre le 1er et le 31 juillet 2026.
Le règlement 2026/1731 est publié, mais son entrée en vigueur intervient le 11 août et plusieurs obligations attendront 2028. Le tableau de bord eIDAS fournit une infrastructure de confiance, mais son contenu dépend encore des notifications des États membres. Le pilote UE-Japon valide un scénario d’essai, et non un service ouvert au public.
Conclusion
Juillet 2026 apporte trois réponses concrètes. L’utilisateur pourra reconnaître un portefeuille officiel et vérifier son état de certification. Les systèmes disposeront de sources européennes pour identifier les acteurs de confiance. Une attestation d’études a aussi pu circuler entre un environnement européen et un environnement japonais.
Ces avancées concernent surtout la confiance entre les composants. Elles rapprochent le portefeuille d’un usage réel, tout en laissant encore le déploiement, la certification et la disponibilité des services à terminer.